La naissance de l'industrie à Paris...

Publié le par Mme STAUNER

GUILLERME André - La naissance de l'industrie à Paris, en

GUILLERME André, La naissance de l'industrie à Paris, entre sueur et vapeur, (1780-1830), Coll. Champ Vallon « Milieux », PUF, Paris, 2007.


André Guillerme souligne dans cet ouvrage que Paris dispose de peu de ressources énergétiques, métallifères ou minérales. « Reine des cités » pour Olympe de Gouges, Paris apparait plus comme consommatrice que comme productrice. La vie y est plus élevée d’un tiers qu’en province. Pourtant, Paris devient en un demi-siècle une capitale industrielle après avoir été une capitale industrieuse. Elle dispose d’artisans qui servent de modèles à l’artisanat provincial.


Toutefois, même si l’historiographie souligne l’importance du modèle industriel anglais (Londres) à partir des années 1820, la transformation des matières premières, le souci de rentabiliser le capital par la concentration des usines et des villes, le développement de liens commerciaux ont entrainé des modifications des comportements sociaux en France dès 1760.

 

Les années 1780-1830 représentent un premier âge d’or industriel, anglo-saxon certes, mais aussi parisien. En deux générations, une intense activité technique s’empare de Paris, ville de robe et de rentiers. Contrairement à Londres, les déchets parisiens sont collectés, stockés et transformés. Paris bénéficie aussi de plusieurs nappes phréatiques qui alimentent les activités industrielles.

 

A la fin du XVIIIe siècle, le terme "industrie" désigne désormais plutôt une production de type urbain, à « haute valeur ajoutée » qui fait l’objet d’expositions nationales. Avec le libéralisme, l’industrie est la source de la richesse des Etats : mécanique et chimique pour Chaptal, aiguillon de la croissance et du capitalisme pour Say…  A la fin des années 1820, on distingue désormais l’artisanat, essentiellement manuel,  de l’industrie, qui emploie des machines.

 

Les arts dits « inutiles » (artisanat traditionnel) s’appuient sur des transformations naturelles (« putréfaction humide ») pour produire des chandelles, du savon, le papier, les toiles de lin, des cuirs, du salpêtre…  Ces métiers exigent un savoir empirique fondé sur les cinq sens et sont à l’origine d’une révolution non industrielle mais biochimique. Les arts « utiles » sont soumis à la science et moins tributaires du hasard. Chaptal  ne cesse d’affirmer que la prospérité de la France doit se fonder sur la chimie et la mécanique. 


Les conseillers de salubrité sont chargés depuis 1801 de visiter les ateliers et d’informer le préfet de police de Paris des méfaits de l’activité urbaine, principalement industrielle. Paris apparaît comme une ville paradoxale où un urbanisme de prestige côtoie des quartiers entiers de taudis. La lumière artificielle règne partout, dans toutes les couches de la société. Le préfet de police contrôle plus de la moitié des fabriques de la Seine, de manière plus ou moins contraignante mais toujours très détaillée : deux cents rapports en moyenne par an entre 1806 et 1830
.

C'est sur ces rapports qu'est fondée l'enquête d'André Guillerme qui évoque aussi bien le biotope, la révolution biochimique, l'industrie proprement dite et les arts industriels. Le tout bien nourri d'illustrations et de tableaux de chiffres, très clairs.

Publié dans Culture prof

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article