L’HIVER DE 1709 EN BOURBONNAIS (Paray-le-Frésil)

Publié le par Mme STAUNER

 

Paray-le Frésil, canton de Chevagnes, Allier

 

« Cette année a été une des plus fascheuses que l’on aye jamais veu par la disette, car l’année précédente ayant desjà été très stérile, le froid, qui commença le soir des Rois et qui dura environ quinze jours accompagné d’une bize très piquante, fut si violent que les froments, soigles et autres grains gelèrent entièrement, de sorte qu’on n’a ramassé en beaucoup d’endroit de quoy semer, ce que a mis tellement la cherté que le soigle, mesure Moulins, s’est vendu jusqu’à trois livres douze sols et, sans la rareté de l’argent qui provient des subsides extraordinaires qu’il faut paier, la cherté auroit été beaucoup plus grande. Il est mort grand nombre de gens de faim et les maladies ont fait et font encore périr beaucoup de gens que la disette n’avoit pas attaquée. La famine est si grande que les herbes ayant manquées par l’hiver, les charognes les plus puantes sont ramassées et mangées par les pauvres, mesme jusqu’aux animaux morts de maladies contagieuses ».

 

AD Allier, E suppl., t. 1, 1906,

cité par Marcel LACHIVER, Les années de misère,

la famine au temps du Grand Roi,

Paris, Fayard, 1991, p. 516.

 

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