LA CRISE DES ANNEES 1692-1694 EN AUVERGNE

Publié le par Mme STAUNER

L’intendant d’Auvergne au contrôleur général :

 

7 mai 1692 : « Il y a à craindre que la mauvaise nourriture n’engendre des maladies contagieuses comme le pourpre. Thiers et Brioude en sont attaquez, cependant cela n’a pas de suite, dieu mercy ».

 

27 mai 1692 : « La gellée a perdu les vignes en beaucoup d’endroits, les seigles ont esté aussy fort endommagez et la pointe de l’épy est toute seiche. Les fromens ont assé belle apparence pourveu qu’il ne leur arrive point de gresle. Les noyers qui sont d’un fort gros revenu dans la Limaigne où il se fait beaucoup d’huille de noix ont esté gellez en mesme temps que les vignes ».

 

31 mai 1692 : « Il y a ici plusieurs personnes tant hommes que femmes qui ont esté trouvez mortes faute de manger ».

 

24 août 1692 : « Depuis huit jours que je suis sorty de Clermont à cause de la violence des fièvres pourprées pour venir à Issoire ».

 

8 septembre 1692 : « Les épis ne rendent pas ».

 

13 octobre 1692 : « Dans la tournée du département, j’ay trouvé  les maladies de la même force qu’elles étoient il y a deux mois ; ce que j’ay veu est qu’il nège, et qu’il gesle dans dans le milieu du l’hyver, cela empesche de serrer la moitié du bled et des aveines qui sont encore dans la campagne ; les orges ne sont pas coupez, parce qu’elles n’ont pas pû meurir ; le plus fâcheux est qu’il est impossible de semer à cause des pluies dans la Limaigne et de la neige dans la montagne, si le temps ne change, la famine seroit à craindre pour l’année qui vient ». 

 

31 octobre 1692 : « C’est une pitié que la vendange, une partie est gelée et l’autre partie n’est pas meure, de sorte que l’Auvergne ne recueille ny bled ny vin. Il est à craindre que le peuple que puisse subsister ».

 

 

 

Archives Nationales, G104

Cité par Marcel LACHIVER, Les années de misère,

la famine au temps du Grand Roi,

Paris, Fayard, 1991, p. 491.

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