L'EDIT DE NANTES EST-IL VRAIMENT UN EDIT DE TOLERANCE?

Publié le par Mme STAUNER

Olivier CHRISTIN

« L’Edit de Nantes est-il vraiment un édit de tolérance ? »

L’Histoire n°215, novembre 1997

 

 

« En 1598, l’édit de Nantes met un terme définitif aux Guerres de religion. Pour autant, le royaume n’entre pas du jour au lendemain dans une époque de tolérance, dont l’idée même est bien éloignée de l’esprit du texte. Aboutissement de plus de trente ans d’efforts de pacification,  mélange d’archaïsme, de modernité et d’habileté politique, ce traité fonde cependant la coexistence durable des catholiques et des protestants en France ».

 

« Depuis 1594 et son sacre à Chartres, Henri IV est parti à la conquête de son royaume, en alternant victoire militaires et tractations politiques. Promulgué en avril 1598, l’édit de Nantes est l’aboutissement de très longues négociations et de manœuvres subtiles du roi entre les exigences contradictoires de l’assemblée permanente des églises protestantes, dont les députés, groupés autour des grands seigneurs (Bouillon, La Trémoille), exigent un règlement rétablissant le culte protestant et lui offrant de sérieuses garanties, et des chefs ligueurs catholiques envers lesquels il doit multiplier gratifications et concessions. Il représente donc une étape importante dans le redressement du royaume. Son préambule souligne cette dimension mais insiste également sur le caractère transitoire de l’accord réalisé, dans l’attente d’une réunion prochaine des deux Eglises ».

 

-       Proclamation de la liberté de conscience, amnistie complète des actes commis pendant les troubles, pas de serment de catholicité pour les protestants désireux d’accéder aux charges et offices.

-       Reconnaissance d’une liberté de culte restreinte pour les huguenots, limitée aux lieux où le culte réformé existait déjà, à deux localités par baillage (circonscription judiciaire), et aux seigneurs hauts-justiciers. Le culte catholique est partout rétabli et les protestants sont astreints à la dîme comme au respect extérieur des jours chômés des fêtes catholiques.

-       Instauration d’une parité entre magistrats catholiques et réformés dans l’instruction et le jugement des affaires impliquant des protestants (Paris, Toulouse, Grenoble, Bordeaux).

-       Importance des concessions politiques et militaires (Richelieu : « les protestants forment un Etat dans l’Etat »). Les protestants obtiennent la formation d’une organisation politique et la remise d’une centaine de place de sûreté dont le roi paie les garnisons protestantes.

 

A côté de l’édit proprement dit, composé de 95 articles, on trouve 57 articles secrets et 2 brevets, le tout signé le 30 avril. Pour complaire aux anciens ligueurs ralliés, les articles secrets interdisent par exemple le culte protestant à Toulouse, qui dépendait du duc de Joyeuse, ou à Reims et Saint-Dizier, qui relevaient du duc de Guise.

 

Tous les parlements résistent pour enregistrer l’édit, le parlement de Rouen retarde la procédure jusqu’en 1609. Les parlementaires introduisent des altérations sensibles au sujet de la censure des livres protestants, du rôle des officiers de justice dans la pacification… L’application de l’édit est un processus long, difficile, conflictuel dès le départ.

(Compte-rendu par Mme STAUNER)

Publié dans 4e

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article