UN TOURNOI AU XIIIe SIECLE

Publié le par Mme STAUNER

« A quinzième jour après Pâques, la foule campa tout autour de pavillons, de cabanes ou de tentes. Les marchands avec leurs nombreuses marchandises étaient venus de terres lointaines ; ils occupent les hauteurs et les collines. De toutes parts, les chevaliers affluent et mènent grand tumulte : partout, c’est le bruit, les appels, les cris… Avec le comte de Louvain, qu’on appelait Gontarix, jouta le meilleur comte qui fut jamais, je veux parler de celui de Toulouse, le comte Alphonse. Tous deux étaient bons cavaliers. Ils se donnèrent de si grands coups sur leurs écus, qu’ils les ont brisés et rompus. Ils tranchent les sangles, ils tranchent la poitrinière de leurs chevaux. Ils tombent à terre tous deux ensemble. Les chevaliers piquent des deux à la rescousse ; on se pousse, on se frappe, on se renverse ; les lances se brisent, les arçons se fendent, les masses et les bâtons tombent et retombent. Les épées se heurtent aux heaumes : celles-là s’ébrèchent et ceux-ci sont bossués. Jamais on ne vit un tel abattage. Chacun frappe le plus qu’il peut. Chacun veut montrer comme il est preux ».

Roman de Flamenca, vers 1240-1250.

Publié dans 5e

Commenter cet article