UN ADOUBEMENT AU XIIe SIECLE

Publié le par Mme STAUNER

« A la Pentecôte en été, le roi l’adoube chevalier devant le perron de son palais. Le matin est clair et beau. Raoul, vêtu d’un habit blanc plus blanc que la fleur de lys, se tient sur un beau tapis au milieu de la place. Tous les barons de France l’entourent et l’admirent. Le roi le revêt d’abord d’un haubert léger à doubles mailles, puis prend le heaume brillant cerclé d’or. Il le lui pose sur la tête. Puis il lui attache les éperons, et lui ceint l’épée, large et dure à poignée d’or. Un bon destrier attend là, maintenu par deux hommes. Raoul bondit en selle, chausse les étriers, saisit sa lance. Au bout de la place, on a dressé la quintaine ; il baisse sa lance et va la frapper en bel élan. Les écus craquent et volent en éclats, sans que Raoul ait bougé de sa selle. « Le bel enfant ! disent les Français. Dès maintenant, il pourra défendre le fief de son père ».

Chanson de geste de Raoul de Cambrai, XIIe siècle.

Publié dans 5e

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